Le Sénégal se dote d’un supercalculateur

Depuis quelques années, les supercalculateurs sont devenus le symbole de la modernité et de la puissance technologique. En juin prochain, le Sénégal recevra le sien, acheté à la société française Atos. La Côte d’ivoire l’an dernier et l’Afrique du sud en 2016 se sont, eux aussi, dotés d’un supercalculateur.

Les supercalculateurs permettent un bond en avant, non seulement pour la recherche scientifique, mais aussi pour l’économie. Ce sont des machines à tout faire, industrie, santé, agriculture, exploration pétrolière ou encore changement climatique ; ils permettent d’analyser des milliards de données.

La machine acquise par le Sénégal possède une puissance d’un pétaflop. Pour avoir une idée de ce que cela représente, cela veut dire qu’un tel ordinateur est capable de lire un million d’ouvrages en une seconde !

Le supercalculateur sénégalais sera le plus puissant installé en Afrique subsaharienne. Bien évidemment, il ne s’agit pas de lui faire lire des ouvrages, mais d’effectuer des simulations. Que ce soit pour l’industrie, l’agriculture ou la météo, les simulations assistées par ordinateur font gagner des années de travail.

Selon le ministre sénégalais de l’enseignement supérieur, « il va permettre de prendre des décisions autour des questions liées à l’agriculture, celles qui ont trait aux crues et à la gestion de l’eau, autour des problèmes d’érosion côtière. Ce sont aussi les questions de changement climatique, mieux connaître leur impact pour pouvoir apporter des solutions d’atténuation. »

Avec ce supercalculateur, les sénégalais deviennent autonomes. Le Centre National de Calcul scientifique de Diamniadio qui accueillera la machine, pourra bientôt puiser dans un vivier de chercheurs formés au Sénégal. Dès la rentrée 2019, le pays va mettre en place plusieurs masters, en intelligence artificielle, en big data, en cyber-securité, en génétique moléculaire, en calcul scientifique, modélisation et simulation numérique.

L’écosystème scientifique qui se met en place se doublera d’un écosystème entrepreneurial. Car le supercalculateur va attirer les entreprises qui pourront louer du temps de calcul pour développer leurs produits. En effet, autour de cette machine, vous avez les centres de recherche, les startups qui peuvent l’utiliser, les industriels et les entreprises.

Le mot clé, c’est « écosystème », à la fois créateur de croissance économique et créateur d’emplois. Et surtout, il existera une capacité à fixer les savoir-faire locaux et à attirer les compétences.

La machine coûtera environ 15 millions €, soit près de 10 milliards de francs CFA. Un prix qui inclut le coût de développement des filières scientifiques nécessaires à son fonctionnement. L’argent est prêté par la France.

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